Author Topic: Revue de Presse  (Read 100173 times)

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Offline Nao/Gilles

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Belles images...!

Elles prouvent avec certitude l'existence de Masami Kurumada, comme l'ont indiqué les frères Bogdanov.
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Offline Yeo Wren

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Je sais que des prof', ou l'ayant été, sont présents sur le fofo. Ça ne manquera pas de les intéresser, enfin j'espère. ^^

Le succès au bac se joue dès le primaire
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Une étude du ministère compare le parcours de deux générations d'élèves entrés en sixième en 1989 et en 1995.

La dernière note statistique émanant du ministère de l'Éducation nationale risque fort de donner du grain à moudre à ceux qui ne cessent de dénoncer son inefficacité. Selon une étude de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) comparant le parcours de deux générations d'élèves entrés en sixième, les uns en 1989, les autres en 1995, les chances d'obtenir le bac restent plus que jamais liées au niveau acquis dès l'école primaire, au retard scolaire et à l'origine sociale.

En clair, l'institution n'est guère performante lorsqu'il s'agit de combler les retards des plus faibles : seul un quart des élèves ayant redoublé une fois dans l'enseignement primaire obtiennent le bac. Mieux, obtenir un bac scientifique, dès lors que l'élève a redoublé, ne serait-ce qu'une seule fois, au cours de sa scolarité primaire, constitue un événement rarissime. Seul 1 % des élèves du panel 1995 y sont parvenus !

Autre enseignement peu réjouissant à l'heure de la montée en flèche des divorces dans la société française : les élèves vivant en famille monoparentale ou recomposée ont moins de chances de devenir bacheliers que ceux qui vivent avec leurs deux parents. Seulement 51 % des premiers le deviennent contre 67 % des seconds. Le désavantage persiste si on prend en compte le niveau à l'entrée en sixième ou l'origine sociale. Cette moindre réussite est plus prononcée pour les enfants qui vivent dans une famille recomposée que pour ceux qui appartiennent à une famille monoparentale.

Enfin, l'étude met à mal le mythe de l'égalité des chances. «Les écarts de réussite entre élèves originaires de milieux sociaux différents ont plutôt tendance à s'aggraver», souligne la note. Un élève dont le père est enseignant a ainsi quatorze fois plus de chances d'obtenir le bac que celui dont le père est ouvrier non qualifié dans le panel 1995, contre neuf fois dans le panel 1989.

Disparités renforcées par l'orientation

Pour la plupart des groupes sociaux, l'accès au bac progresse néanmoins. La proportion de bacheliers (63 %) a en effet augmenté de 2 points entre la génération 1989 et celle de 1995, une hausse liée pour l'essentiel à l'augmentation des bacheliers technologiques. C'est parmi les enfants de chefs d'entreprise et d'artisans-commerçants que la progression est la plus forte : la part de bacheliers augmente de 10 et 6 points dans ces populations. Une telle proportion peut s'expliquer par la transformation de ces deux professions : les chefs d'entreprise sont de plus en plus diplômés, et les artisans commerçants sont en déclin dans la population active, ce qui porte leurs enfants à accroître leurs exigences de diplômes, selon la DEPP. La part de bacheliers augmente également, mais à un degré moindre, parmi les enfants d'enseignants, d'employés de commerce ou de service.

À l'opposé, «les élèves originaires des milieux sociaux les plus défavorisés (employés de service, ouvriers non qualifiés, inactifs) voient leurs chances de devenir bacheliers se contracter, voire baisser sensiblement dans le cas des enfants d'employés de service», souligne la note. Ces disparités de réussite sont redoublées par l'orientation : les bons élèves de milieux sociaux défavorisés demandent moins souvent une orientation en lycée général ou technologique que les autres.
Fichtre ! On va pouvoir me traiter à nouveau, ainsi que ma Douce, de « résidu exceptionnel »[1]
Non parce que nous avons cumulé :
- Aucun parent n'ayant eu le Bac (Certif' pour tout le monde), aucun n'ayant émergé dans la catégorie CSP+, évidemment j'aurais envie de dire.
- Redoublement du CE1
- Parents ayant divorcé quand nous avions 8 ans.
Ouais on fait tout pareil avec ma Douce. 'paraît que c'est moi qui copie soi-disant parce que c'est moi le plus jeune, gnagnagna…  :P

Ça tient du miracle à ce niveau-là quand on lit l'article.  :^^;:
Où est-ce qu'elle est la médaille ?  :mdr:

'fin, bon, bref. Ce n'est pas la joie et ça me conforte dans mon impression que l'essentiel se joue au primaire.

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Posted on 16 October 2010 à 3h44

Un document accablant pour les Bogdanov
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(…) Dans ce rapport on tombe sur les termes suivants : «confusion», «incompréhension», «erreur», «tautologie», «flou», «fantaisiste»

Toute cette affaire n'a bien sûr aucune conséquence pour la marche de la physique, les thèses et les articles des Bogdanov sont tombés dans le trou noir des publications sans suite. Comme l'ont avoué  les responsables de cette revue cet article "n'aurait jamais dû paraître". Voici un extrait du texte de l'editorial board : «Thus the paper "Topological theory of the  initial singularity of spacetime" by G Bogdanoff and I Bogdanoff, Classical and Quantum Gravity 18 4341-4372 (2001) made it through the  review process even though, in retrospect, it does not meet the standards expected of articles in this journal

Reste une seule victime, le public, trompé sur la science.

Voici du Bogdanov dans le texte, extrait d'une interview au journal Suisse Le Matin (cela se passe de commentaires):

«Vous avez enfin trouvé Dieu ?

Igor: Oui, Dieu existe de manière très évidente. L'image d'un ordre extrêmement précis est associée à la première lumière qui précède le big-bang. L'univers n'est pas né du hasard, mais il a été régi par cet ordre. Les lois, qui ont bien dû être édictées par quelque chose, remontent à plus de 13 milliards d'années; elles correspondent à un scénario qui forme le code cosmologique - c'est-à-dire le code génétique - de l'univers. Celui-ci obéit à des combinaisons de nombres qui ne sont pas là fortuitement. Ils sont le produit d'un réglage si fin, d'une conception et d'une précision si inimaginables qu'ils ne peuvent pas être le fruit du hasard.

Grichka: Nous pensons que l'on peut aller vers Dieu à travers l'astrophysique théorique et la cosmologie. Oui, on peut trouver Dieu grâce à la science! C'est ce que nous développons dans ce livre. Une cause - que nous acceptons d'appeler Dieu - a réglé les vingt premiers paramètres cosmologiques qui sont à l'origine de la création de l'univers. Tout a fait sens à partir de ce moment précis. Igor et moi voulons apporter un message d'espoir à tous ceux qui cherchent

Mais c'est quoi Dieu pour vous: un rayonnement, une force, une intelligence, un être ?
Igor: Il est une intelligence, un esprit. La lumière n'est qu'une trace de sa présence. Pour nous, Dieu correspond à ce qu'a dit Einstein en 1936: «Tous ceux qui sont impliqués dans la science finiront par découvrir qu'un esprit, immensément supérieur à l'homme, se manifeste dans les lois de l'univers.» Dieu est le créateur. C'est une question aux confins de la science et de la foi.
Grichka: Dieu est une information au sens qu'il est immatériel. Il n'est ni énergie, ni être. Il échappe à toute dénomination, Dieu est transcendant. Après avoir expliqué le Big Bang, on se demandait forcément d'où venait cette titanesque explosion. Dans notre bouquin, nous sommes remontés avant le Big Bang, quand la matière et l'énergie n'existaient pas. C'est là que se trouve l'information, tel un code génétique qui contient déjà toutes les données qui régleront l'univers. Comme l'a dit le chercheur Max Planck: «Toute la matière n'existe qu'en vertu d'une force, derrière laquelle nous devons supposer un esprit conscient.» Dieu est prouvé.»
NDYeo :Après Libé, au tour du Monde : Les jumeaux Bogdanov étrillés par le CNRS
Posted on 16 October 2010 à 22h10

Les jeunes, les vieux, les riches
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(…) Le premier porte sur l'emploi. Les lycéens craignent que si l'on maintient les seniors dans l'emploi, ils n'auront pas de place et devront patienter encore plus longtemps au chômage. Cette idée colle à l'intuition, d'où sont succès. Il y aurait un stock de travail qui serait donné et qu'il faudrait « partager ». Les 35 heures ont été faites selon ce principe.

Il faut dire aux lycéens que c'est une idée fausse : c'est l'inverse qui est vrai. Le travail ne se partage pas, il se crée. La démonstration est facile à faire. Pierre Cahuc et André Zylberberg rappellent (1) qu'en 1962 les autorités françaises tremblent à l'idée que les 400.000 rapatriés d'Algérie vont venir gonfler le chômage puisque on ne compte que 35.000 emplois « vacants » dans l'Hexagone. Il n'en fut rien, les rapatriés ont créé des emplois et l'économie ne s'en est portée que mieux. En 1980, même crainte à Miami lorsque Fidel Castro doit laisser partir 125.000 réfugiés cubains. En trois mois, le taux de chômage y passe de 5 à 7 %… avant de revenir à son niveau précédent. En un an, la ville avait absorbé l'afflux exceptionnel de population : l'équivalent de 2 millions de personnes pour la France. Les économistes ont aussi établi que la baisse de la durée du travail ne créait pas d'emploi : ce fut le cas pour le passage de 40 à 39 heures en 1982 et le chiffre des 350.000 emplois qui auraient résulté des 35 heures en 2000 est sans fondement.

L'idée du partage reste ancrée en France, c'est elle qui a poussé aux préretraites et à bloquer, de toutes les manières possibles, l'entrée des jeunes. Elle va à l'extrême droite jusqu'à vouloir « expulser les immigrés pour redonner du travail aux Français ». Mais elle est fausse. Plus de gens veulent travailler, meilleur c'est. Les lycéens doivent savoir que les seniors maintenus dans l'emploi ne leur piquent pas les places.
(…)
 1. À la fac, suite à un examen de démographie, le prof', qui était excellent et que j'aimais tout particulièrement, avait dit cela de moi avec humour parce que sur les deux notes, la première était très moyenne alors que la seconde qui portait sur une note de synthèse était la meilleure du groupe. Ça m'avait amusé et du coup j'ai retenu ce terme statistique.  :mdr:
« Last Edit à 22h34 »
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Offline Bunny

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L'article sur les résultats scolaires est très intéressant et, perso, c'est clair que je suis particulièrement fière de n'avoir jamais redoublé et fait bac+4 alors que mes parents sont issus d'un milieu modeste, peu instruits et portugais ! Ils ne pouvaient pas m'aider pour les devoirs et mon frère, plus vieux de 4 ans, a choisi de ne pas m'aider non plus parce que "personne ne [l]'a aidé quand [il avait mon] âge".

C'est un fait, mon frère a fait un bac pro (même si je pense que seule la fainéantise a joué et qu'il aurait pu continuer) parce que les études générales n'étaient pas faites pour lui et la plupart de mes connaissances/amis issus de l'imigration qui ont fait des études ou non sont aujourd'hui secrétaires, garagistes ou standardistes (non pas que ce soit "moins bien", mais soit ça relève du niveau d'études et confirme les propos de cet article, soit d'un échec dans la mise en place de leur carrière).

Il est clair qu'il n'y a pas vraiment d'égalité des chances et qu'un enfant que les parents ne peuvent pas aider doit se débrouiller avec ses seuls moyens et, forcément, c'est plus difficile.

J'ai aussi l'impression que le contexte de vie est essentiel, car nous n'avons jamais habité dans des ZUP ou logements sociaux, avons davantage vécu au milieu des Français et que j'ai fait des études et mon frère a réussi sa vie professionnelle. C'est peut-être un hasard, mais je crois que nous sentir Français ou intégrés a pu jouer dans nos choix, nous n'avons pas baigné dans une atmosphère défaitiste où nous aurions pu nous dire que nous n'avions pas d'avenir et que nous partions avec un handicap.

Offline katomeria

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Je sais que des prof', ou l'ayant été, sont présents sur le fofo. Ça ne manquera pas de les intéresser, enfin j'espère. ^^

Le succès au bac se joue dès le primaire
:waouh:  Mon sujet de thèse de ...euh, on va dire quelques années avant!! extraordinaire! tout pareil que mon enquête: redoublement, familles recomposées,  origine sociale, tout y est..comme quoi, les choses ne bougent pas très vite....
@Yéo: moi aussi je suis un "résidu exceptionnel": deux redoublements dans ma scolarité avant d'avoir mon bac "C" ...
Pour les Bogda, rien de neuf.... (en ce qui me concerne en tous cas)
Les jeunes, les vieux , les riches: éclairage intéressant, mais qui ne m'a pas vraiment convaincu! 
« Last Edit à 10h16 »

Offline Yeo Wren

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(…) @Yeo : moi aussi je suis un "résidu exceptionnel": deux redoublements dans ma scolarité avant d'avoir mon bac "C" (...)
Oui mais il faut que ce soit durant l'école primaire, sinon ça ne compte pas.  :P
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Les jeunes, les vieux , les riches: éclairage intéressant, mais qui ne m'a pas vraiment convaincu !
Pas complétement convaincu non plus, sûrement parce qu'on ne fait pas de généralité avec deux exemples, certes pertinents en apparence, et que je n'ai pas lu le livre dont ils sont tirés. Cependant, je constate aussi que l'idée des 35h (même si des à-côtés comme l'annualisation du temps de travail ont été bénéfiques) n'a été reprise nulle part ailleurs en Europe, même par des gouvernements dits de gauche, comme l'Espagne et ses 20% de chômeurs désormais. Ça fait aussi réfléchir
L'article sur les résultats scolaires est très intéressant et, perso, c'est clair que je suis particulièrement fière de n'avoir jamais redoublé (…)
À partir du collège, c'est différent, mais au primaire on faisait parfois redoubler pour des motifs peu liés aux résultats scolaires.
Trop "bébé" pour ma Douce alors qu'elle était juste supra timide et trop d'absences pour moi (forcément j'avais dû partir en cure, merci mon père qui fumait comme un pompier en ma présence) sans que dans mon souvenir ça ne provoque de résultats catastrophiques.
Et me concernant, ça a créé un sérieux contentieux avec l'école cette histoire.
Posted on 23 October 2010 à 22h16

[titre de Yeo] Les francais et la vaccination : le milieu médical s'inquiète
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(…) Les doutes sur la qualité des vaccins existaient en dehors de toute preuve scientifique. Les Français ont boudé le vaccin contre la grippe A et une très large majorité d'entre eux (66,5 %) s'est inquiétée de sa dangerosité, selon l'étude menée par Michaël Schwarzinger, de l'Inserm, pour l'Institut de veille sanitaire (InVS). Dans tous les cas, il y a eu un énorme problème de communication. "Vous avez beau expliquer, vous ne convainquez pas", concède le professeur Bricaire, pour lequel "les messages doivent être parfaitement clairs".(…)

"J'ai fait faire le DT Polio à mes enfants de 2 et 5 ans, mais ni le vaccin contre la rubéole, les oreillons et la rougeole, ni celui contre l'hépatite B. Pour le BCG, le médecin a tamponné le carnet de santé de ma fille sans lui injecter le vaccin", raconte une journaliste parisienne. Ce vaccin, qui protège contre la tuberculose, était, jusqu'en 2007, obligatoire. Il ne l'est plus. La jeune femme ne fait partie d'aucune ligue, refuse tout prosélytisme et reconnaît que son attitude n'est ni "civique" ni… rationnelle. (…)

Pour expliquer ces doutes, qui se sont progressivement installés en France, il n'y a pas que la "théorie du complot" visant l'Etat ou les laboratoires pharmaceutiques, arguments invoqués l'automne dernier. D'abord et depuis toujours, il existe une constante anthropologique : vacciner, c'est injecter une maladie. Les résultats positifs de la vaccination semblent désormais jouer à contre-courant. "Les vaccins ont eu une grande popularité lorsqu'ils sont arrivés. Aujourd'hui, la population ne voit plus les gens mourir, comme dans les années 1950, de maladies infectieuses, telles que le tétanos ou la diphtérie "(…)

"Dans le domaine de la santé publique, on raisonne en termes de populations et non pas d'individus. Or, nous sommes dans une société où l'individualisme prend une place de plus en plus importante", estime pour sa part Jocelyn Raude, maître de conférences à l'EHESP. Pour lui, les questions autour de la vaccination sont emblématiques de la crise actuelle du "paternalisme médical" , où la parole du médecin fait de moins en moins autorité, et où le recours aux sites Internet de santé s'est développé.(…)

Selon les récentes données de l'Institut de veille sanitaire, la couverture vaccinale contre l'hépatite B reste très insuffisante, même si on note une progression entre 2004 et 2007, de 29 % à 42 %. Celle pour la première injection du ROR a certes progressé ces dernières années mais reste trop faible (90%). Ce qui a provoqué la survenue d'une épidémie de rougeole depuis 2008. Pour le BCG, la couverture a été pour la première fois en 2007 inférieure à 80 %.
"La couverture vaccinale élevée du nourrisson pour les vaccinations contre la diphtérie et la poliomyélite a permis l'élimination de ces maladies. Mais le tétanos n'a pas totalement disparu, du fait d'une couverture insuffisante des rappels chez l'adulte", alerte Daniel Lévy-Bruhl, épidémiologiste à l'InVS.
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Sang, larmes et sueur, version 3.0
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Le gouvernement a enfin présenté son programme. En cinq ans, les dépenses publiques seront amputées de 110 milliards d'euros. Un demi-million de postes de fonctionnaires seront supprimés. A elles seules, les prestations sociales seront taillées de 25 milliards. Les impôts, eux, augmenteront de 40 milliards. Le taux de TVA passera, dès le 1 er janvier prochain, de 19,6 % à 22,4 %. A vrai dire, l'essentiel était déjà connu. Mais le pouvoir a rajouté hier la cerise sur le gâteau : la retraite passera à 66 ans dès 2020 ! Ces chiffres sont ceux qui ont été présentés hier à Londres, ramenés à l'échelle de la France. Là où Matignon et Bercy liment des centaines de millions d'euros, le 10 et le 11 Downing Street tranchent des dizaines de milliards. Et la rue anglaise, certes moins souvent accueillante que la rue française pour cause de crachin plus fréquent, ne semble pas frémir, du moins pour l'instant.
Posted on 23 October 2010 à 22h33

Dans l'indifférence, le Baclofène guérit mon mari alcoolique
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(…) Mon mari n'a plus rien à perdre : à part moi, il a déjà tout perdu -son boulot entre autres. Il décide de tenter ce traitement à base de Baclofène, médicament vieux de quarante ans utilisé essentiellement sur les scléroses en plaque (…)
Dans le cas de l'utilisation du Baclofène pour la maladie alcoolique, nous sommes hors-AMM, soit hors autorisation de mise sur le marché (interdit ! ).

Un peu plus que ça même : pour tordre le cou au « craving », le besoin irrépressible de boire, il faut un dosage plus élevé que celui utilisé dans le cadre de son AMM, soit 80 mgs.

En résumé, pour casser le « craving », on utilise un médicament hors son autorisation de mise sur le marché et au-dessus des dosages conseillés -même si régulièrement employés outre-Atlantique.

In-di-ffé-rent à l'alcool
Mon mari montera par paliers, sur un peu plus de deux mois, jusqu'à 120 mgs. Quelques effets secondaires :

somnolence au début -le Baclofène est un myorelaxant-,
un peu de raideur dans la nuque.
Bien dérisoire par rapport aux effets secondaires de l'alcool.

C'est à 120 mgs, fin janvier/début février 2009, que mon mari devient indifférent à l'alcool. In-di-ffé-rent. Pas abstinent mais indifférent. Il peut boire un verre ou deux, sans tomber dans le tonneau. Le rêve de tout malade alcoolique dont la seule solution était jusqu'à présent l'abstinence totale avec toutes les frustrations que cela comporte. (…)
.
« Tu fonces et tu frappes »
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(…) Elles ont entre 19 et 45 ans. Certaines sont étudiantes mais il y a aussi une psychologue, une chef d’entreprise, une barmaid, quelques filles sans emploi et même une gardienne de la paix. Sur la piste, chacune s’est créée un alter ego. Elles s’appellent Truck off Pooky, Nicky Strike, Joséphine Breaker, Charogne Stone, ou Napalm Pam. « Le pseudo, c’est le moi diabolique, confie Pin Up Killer psychologue de profession, il faut se montrer agressives, donner des coups, ce n’est pas une chose dont on a l’habitude, nous les femmes. On nous a toujours appris à être gentille à ne pas se battre. Ici, la règle, c’est : “Tu fonces et tu frappes”. J’avoue qu’au début j’avais du mal, je n’arrêtais pas de m’excuser. Il faut aussi accepter les coups, les chutes et se relever sans pleurer. »

(…) La plupart du temps, le pseudonyme est le double fantasmé de la joueuse, mais il arrive aussi qu’il soit inspiré par la réalité du terrain. Ainsi Brute et Peste, styliste : « Mon pseudo, c’est mon mister Hyde. Avec lui, j’entre dans la peau d’une deuxième personne, d’une partie de moi que je ne peux pas exprimer au quotidien. J’ai choisi Brute et Peste parce qu’au début je ne savais pas bien patiner, par contre je savais cogner : dès que je tapais, les filles tombaient. » En plein match de simulation, une chute entraîne un carambolage, Butch Shan reste à terre. Bloody Vuitton la capitaine de l’équipe se projette au sol et dérape sur sa genouillère pour s’arrêter. Un genou à terre, toutes les filles se regroupent autour de la blessée. Butch Shan grimace et contient sa douleur. « Tu veux pas aller mourir ailleurs » lui balance Absolut Vermine. Ce qui fait rire tout le monde, sauf l’intéressée. Butch Shan attend que l’entraînement reprenne pour s’autoriser enfin un râle de douleur.

(…) Pour Margaret, dit Psychobilly Holiday, une Américaine devenue coach de l’équipe, le Roller Derby requiert des qualités morales poussées. « On peut t’apprendre la stratégie et l’agilité, tu peux perfectionner ta force et ta vitesse, mais la qualité essentielle à avoir, c’est le courage. Si ta mère te l’a pas donné, personne ne pourra te l’enseigner. »
Savoir chuter fait partie des fondamentaux du Roller Derby, en avant de préférence et sans poser les doigts à terre pour éviter de se les faire broyer. Après une belle chute, les filles exhibent leurs hématomes comme un trophée. Cocoon Crash : « Facebook est rempli de photos de bleus et de fesses vu que c’est les postérieurs qui prennent. Les bleus sont très cotés, c’est à celle qui aura le plus gros. On est là pour prendre des coups et si on en prend, c’est tant mieux. »

(…) Sous ses airs de rugby sans ballon, le Roller Derby est un sport extrêmement réglementé. La majorité des équipes suit les règles officielles établies par la WFTDA (Women’s Flat Track Derby Association). Un match de Roller Derby se joue en gymnase, sur une piste ovale, pendant deux fois trente minutes. Il oppose deux équipes de 5 joueuses. Une équipe se compose de 3 blockeuses, 1 pivot et 1 attaquante qu’on appelle la « jammeuse ». Le pivot oriente la stratégie et toute l’équipe ½uvre pour frayer un chemin à leur attaquante. Elle doit doubler le mur adverse autant de fois que possible pendant un round de deux minutes. Officiellement, seuls les coups d’épaules,
de hanches, de fesses et de dos sont autorisés. Si les joueuses transgressent cette règle, l’arbitre les envoie en « prison ».
.
ENA : les coulisses d'une enquête
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(…) En 1995, 1921 étudiants s'étaient inscrits au concours. En 2010, ils n'étaient plus que 1492. "Venez donc faire un tour chez nous, a proposé au Monde Magazine la direction de l'Ecole. Vous verrez que l'idée que s'en font les Français ne correspond plus à la réalité." Saisissant l'offre, nous avons choisi de suivre une promotion tout au long de sa première année de formation. En commençant dès l'épreuve finale du concours. (…)
Note de Yeo : reportage est assez long, près de cinq pages, mais qui n'est pas inintéressant. Pour ceux n'ayant pas le temps, un diaporama commenté par la journaliste est disponible ici : http://www.lemonde.fr/societe/...24351_3224.html#ens_id=1425702

Locataire et content de l'être
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(…)
Alors j'annonce la couleur tout de suite. Les hypothèses que j'énonce ne sont PAS basées sur les données actuelles. Pourquoi? D'abord, je veux éviter le débat sans fin sur le «mais non on peut trouver mieux que 3.4% TEG, moi j'ai eu du 3.35%». Ensuite, la situation actuelle présente des données extrêmes (valeurs immobilières élevées, taux bas, marchés actions bas), certains favorisant la location, d'autres l'achat, dont je souhaite m'abstraire. Pour effectuer la comparaison, on part sur des temps longs, donc je préfère prendre des valeurs un peu plus mesurées.

Mon première exemple concerne un couple avec un enfant, aux revenus aisés, souhaitant habiter un pavillon de 120 m2 environ, avec 1.000 m2 de terrain, dans une petite ville cossue de la banlieue lyonnaise. La valeur du bien est estimée à 450.000¤ et la location est à 1.530¤/mois (charges incluses). En cas d'achat de la maison, les frais de notaire seraient de 30 k¤. On considère en outre qu'un acheteur va réaliser des travaux à hauteur de 5% de la valeur du bien pour mettre la maison à son goût. Total du bien : 504.500¤. Le couple met 104.500¤ d'apport initial et emprunte 400.000¤ sur 25 ans à 4.8% TEG, soit des mensualités de 2.292¤.

On va ensuite prendre les hypothèses suivantes :

Une inflation à 1.5%
Une hausse des prix de l'immobilier de 2.3%/an
Une hausse du tarif de la location de 2%/an
Une taxe foncière de 1.500¤/an et qui progresse au rythme de l'inflation
Un rendement des placements financiers de 4.5%/an hors inflation (3% nets)
L'entretien annuel de la maison est de 1.5% de la valeur du bien (6.750¤ en année 1) dans le cas de l'achat et de 3% du montant de la location (550 ¤ en année 1) dans le cas de location. Ces valeurs progressent au rythme de l'inflation

Au bout de 25 ans, la maison ne vaut plus 400.000¤ mais 795.000¤ soit près du double ou une hausse de 22% hors inflation. Dans le cas de la location, l'apport initial qui n'a pas été déboursé est placé pendant 25 ans et le différentiel entre les charges de location et les charges d'achat (emprunt, entretien, ...) sont placés et les intérêts réinvestis. A la fin des 25 ans, le propriétaire a une belle maison qui vaut 800 k¤. Mais, contrairement à la croyance, le locataire n'a pas "rien". Il a un portefeuille qui vaut 958 k¤ soit 20% de plus que la maison. Libre à lui d'en faire ce qu'il veut, éventuellement ... acheter une maison cash. (…)
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Posted on 24 October 2010 à 3h38

Un Anime pour lutter contre le tabagisme des jeunes
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Tokyo, année 2040. Hiro, Ren et Koichi découvrent l'entrée d'un club secret, à l'atmosphère fascinante. Dès lors, les trois adolescents et leur créature digitale auront à déjouer les pièges et résister à la tentation. Avec ce film d'animation japonais, l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) tente une nouvelle forme de sensibilisation de la jeune génération.

«C'est une métaphore de la manipulation de l'industrie du tabac qui entretient, par ses stratégies marketing, une promesse d'émancipation, relate Thanh Le-luong, directrice générale de l'Institut. Il s'agit d'ancrer dans les esprits l'idée qu'en allumant sa première cigarette, le jeune sera privé de son libre arbitre». Diffusé sur Internet, interactif, Attraction a été réalisé à Tokyo selon les codes du manga japonais -un genre que les jeunes Français apprécient. L'animation a été confiée à Koji Morimoto, qui a participé au mythique film Akira.
Trailer ATTRACTION - le 1er manga interactif signé Koji Morimoto
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D'abord deux nouvelles heureuses. Il en faut bien de temps en temps, après tout, c'est bientôt Noël !  ^_^

L’enfant tombe, «et là je me suis dit : il ne faut pas que je le rate»
Quote
«Un miracle»: le mot était sur toutes les lèvres mardi dans le quartier populaire du XXe arrondissement parisien où un petit garçon de 18 mois est sorti indemne d’une chute du 7e étage, la veille, rattrapé au vol par un passant après avoir rebondi sur l’auvent d’un café.
Gaby, barman du bar-tabac «Le Vincennes», regarde les journalistes s’agiter autour de son établissement surmonté d’un auvent en tissu rouge déchiré sur une dizaine de centimètres: c’est le point d’impact du bébé après sa chute, lundi.
«Un vrai miracle», commente-t-il, car «on était fermés hier», jour de la Toussaint. «Le système mécanique pour remonter l’auvent ne marchait pas et donc je ne l’avais pas remonté, comme on le fait normalement lorsqu’on est fermé».

«Le petit n’avait rien. Il a pleuré un tout petit peu»

L’enfant est tombé vers 17 heures du balcon de l’appartement familial, où il était seul avec sa soeur. Il a rebondi sur l’auvent, avant d’être rattrapé par un habitant du quartier, le docteur Philippe Bensignor.
«Mon fils me regardait, donc il regardait vers le haut, et il s’est aperçu qu’un petit garçon se trouvait au bord de la balustrade, sur le balcon. Il avait même passé la balustrade et jouait au bord du vide», raconte-t-il à l’AFP.
L’enfant tombe, «et là je me suis dit "il ne faut pas que je le rate". J’ai eu le temps de bouger d’un côté à l’autre pour bien me placer», explique-t-il.
L’auvent amortit la chute, «juste où il fallait car il n’y avait pas de barre métallique sous la toile à cet endroit», et «je l’ai rattrapé dans mes bras».
«Le petit n’avait rien. Il a pleuré un tout petit peu, mais s’est calmé tout de suite. Puis il s’est rapidement endormi», raconte-t-il.

Les parents toujours en garde à vue
«J’étais vraiment au bon endroit, comme n’importe qui aurait pu l’être», ajoute modestement le médecin. «Partis se promener», selon une source proche de l’enquête, les parents sont rentrés «deux heures après», d’après une voisine du 3e.
«Quand ils sont arrivés, les pauvres, on était là pour leur annoncer la nouvelle. (…) Mon mari a dit "voilà, il ne faut pas paniquer. La police a emmené vos enfants. Votre fils, il est tombé du 7e, il est vivant"». (…)
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Trois adolescents survivent après avoir dérivé 50 jours dans le Pacifique
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Trois adolescents néo-zélandais ont été récupérés par un bateau de pêche au large des iles Fidji après avoir survécu à 50 jours de dérive dans l'océan Pacifique !
Ils avaient quitté l'atoll d'Atafu, dans l'archipel de Tokelau le 5 octobre dernier, à bord d'un petit bateau en aluminium, portés disparus et considérés comme morts, ils ont finalement été retrouvés bien vivants !
Les secouristes néo-zélandais avaient déployé une vaste opération de sauvetage, mais avaient perdu tout espoir de les récupérer.
Miracle, un petit thonier de pêche qui s'était éloigné de ses zones de pêches à repéré la frêle embarcation "en aluminium" des trois adolescents, Filo Filo, Samuel Perez, tous deux âgés de 15 ans, et Edward Nasau, 14 ans

Depuis 50 jours il avaient parcouru près de 1500 km depuis l'atoll Atafu précise Le Parisien.

Les trois ados ont été retrouvés maigres, déshydratés et brûlés par le soleil, mais  plutôt en bonne santé relate The Press.
La seule nourriture à laquelle ils ont touché en 50 jours est une mouette qui s'était posé sur leur embarcation, et pour seul breuvage, de l'eau de pluie ... ce qui est rare dans cette région !
Les rescapés ont pu téléphoner à leurs familles qui ne s'attenadient certainement pas à une aussi  bonne nouvelle.
Après un séjour à l’hôpital de Suva, capitale des Fidji, ils rentreront enfin chez eux. [ndYeo : et pour cause, j'ai lu sur un autre site qu'un office religieux leur avait été rendu]
Une histoire incroyable , un miracle que ces enfants aient survécu et que le bateau de pêche soit passé dans cette zone ce jour là !
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Il est désormais interdit de boycotter
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On a les victoires qu’on peut : Michèle Alliot-Marie a, il y a quelques mois, par une simple circulaire, commis un attentat juridique d’une rare violence contre l’un des moyens les plus anciens et les plus efficaces de la contestation des Etats par les sociétés civiles, à savoir le boycott. Le 12 février, la Chancellerie a eu cette idée extraordinaire selon laquelle tout appel au boycott des produits d’un pays n’était qu’une «provocation publique à la discrimination envers une nation», punie d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Le ministère demande aux procureurs de la République d’assurer une répression «ferme et cohérente» de ces agissements.

Soyons justes : la paternité de cette brillante initiative revient au procureur général de Paris qui avait, dans son rapport de politique pénale 2009, suggéré que «les faits de boycott ou de provocation au boycott peuvent s’analyser, selon les espèces, soit en une provocation à la discrimination, soit en une discrimination ayant pour effet d’entraver l’exercice d’une activité économique». On peut rappeler les actions de ce type dans l’histoire : boycott du Royaume-Uni en 1930 initié par Gandhi contre la colonisation, boycott de l’Afrique du Sud dans les années 70 par les militants antiapartheid, boycott, à la même époque, par la communauté homosexuelle américaine d’une marque de bière qui refusait d’embaucher les gays ou, plus récemment, boycott des produits chinois par les soutiens de la cause tibétaine et des produits israéliens par les militants palestiniens… Pour l’ex-garde des Sceaux, il ne s’agit pas là d’entreprises de protestation et d’émancipation, souhaitables en démocratie, mais d’associations de malfaiteurs en vue d’attenter à la bonne marche du commerce, donc du monde. (…)
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Hakim El Karaoui, l'égalité a-t-elle de l'avenir ?
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Cette conférence a été donnée à Paris le 29 mai 2010, dans le cadre des conférences Les Ernest.
Hakim El Karoui est essayiste, banquier et militant de la diversité. Il préside le club XXIème siècle.
Présentation des conférences Les Ernest.
Libération est partenaire des Ernest, une initiative des étudiants de l'Ecole Normale Supérieure. Au menu: des conférences sur toutes les disciplines et des intervenants de haut niveau, le tout sous une forme à la fois exigeante et grand public.
Intervention fort intéressante à voir sur le site de Libé (pas réussi à extraire le vidéo du source pour la jouer ici).
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Posted on 4 December 2010 à 22h17

La musique est aussi euphorisante que la drogue
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La musique vous déstresse après une journée de travail ? Vous en écoutez chaque jour ? Selon l'article publié dans Nature Neuroscience par plusieurs chercheurs de l'Université de Montréal, vous êtes accro. Selon cette étude, le plaisir musical  est comparable à celui procuré par la cocaïne. Les chercheurs ont notamment démontré que la musique pouvait provoquer la chair de poule voire un état euphorique.

A chaque fois que le cerveau éprouve du plaisir, pour un repas, une chanson ou lors de la prise de drogue, il sécrète en effet la même substance: la dopamine. « Une simple tonalité ne donnera pas de plaisir, seule», explique Valorie Salimpoor sur le site du Guardian, « pourtant une série de simples tonalités peut être l'une des expériences les plus agréables qu'un être humain puisse faire. C'est incroyable parce que ça implique que d'une façon ou d'une autre, notre cortex suit ces tonalités dans le temps, avec une construction, de l'anticipation et des attentes ».

Pour éviter que les patients ne soient influencés par les paroles, seuls des morceaux instrumentaux ont été utilisés lors des tests. Les participants pouvaient écouter plusieurs genres de musique: rock, musique classique, punk, électro, dance. « Un morceau a été particulièrement apprécié, l'Adagio pour cordes de Samuel Barber», raconte Valorie Salimpoor, « c'était le titre préféré des amateurs de musique classique, et sa version en remix techno était le morceau le plus populaire pour les fans de dance et d'électro».
Selon le résultats de l'équipe de chercheurs, écouter de la musique augmente de 6 à 9% le niveau de dopamine dans le cerveau. « Une personne est même montée à 21 %. Cela montre que pour certaines personnes, le musique est une expérience incroyablement agréable», décrit Valorie Salimpoor. La prise de drogues psychoactives comme la cocaîne entraine une augmentation de dopamine de 22 %, et un repas agréable, jusqu'à 6 %.

« Si les états émotionnels que la musique procure, amènent à la production de dopamine, comme notre étude l'indique, cela pourrait expliquer pourquoi les expériences musicales sont aussi valorisées. Ces résultats pourraient expliquer pourquoi la musique est si efficace dans les rituels, le marketing, ou le cinéma pour manipuler les émotions», pronostique Valorie Salimpoor.
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Fermi (Nasa) détecte des jets d'antimatière produits sur Terre
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(…) Au coeur des nuages d'un orage violent, le champ électrique peut être assez fort pour créer des photons gamma. Puis, ces derniers peuvent donner naissance à des paires électron/positon (lorsque l'énergie se transforme en matière, c'est toujours par paire particule/antiparticule (lire ici une note sur les anti-atomes d'hydrogène). De ce fait, des
nuages matière/antimatière se forment (vue d'artiste du phénomène ci dessus où les halos verdâtres   
représentent ces nuages d'électrons et positons), où, lors des collisions entre électron et positon, la  totalité de la matière des deux particules est transformée en énergie, en photons gamma de 511 kev.

Mais, dans le cas de l'événement du 14 décembre 2009, les photons gamma ont été produits... sur le détecteur de Fermi, lors de la collision d'un jet de positons avec les électrons de son matériau. Voir infographie ci-contre. Pour les amateurs d'images, on trouvera sur ce site web toute une série d'images et d'animations en vidéo sur le sujet.

Ironie de l’histoire : les premiers sursauts gamma du cosmos détectés l'ont été par des satellites du Pentagone surveillant… les explosions nucléaires sur Terre .
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Les jeunes sont mal partis
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Dans les sociétés vieillissantes, la surdité aux problèmes sociaux des générations à venir peut devenir un vrai souci. Mais c'est là un symptôme plus que la cause profonde du mal, qui n'a rien de nouveau. Ce qui est inédit, en revanche, relève de la profondeur du déni d'un phénomène qui s'amplifie. Mon expérience, douze ans après la première édition du Destin des générations, me permet d'en établir le constat : depuis 1998, nous n'avons rien fait, alors que nous savions. Chaque fois, les périodes de rémission ont donné l'illusion du rétablissement, mais, en réalité, la situation s'est dégradée.

Quels sont les symptômes de ce mal-être collectif ? Les plus visibles relèvent des difficultés de la jeunesse. Nous le savons, trente-cinq ans après l'extension du chômage de masse, la jeunesse a servi de variable d'ajustement. Chômage record, baisse des salaires et des niveaux de vie, précarisation, développement de poches de travail quasi gratuit (stages, piges, free-lance, exonération de charges, etc.), nouvelle pauvreté de la jeunesse, état de santé problématique et faible recours aux soins, absence d'horizon lisible.

En une décennie, nous n'avons pas progressé - c'est une litote. Nous observons un triple déclassement. Scolaire d'abord, la jeunesse étant maintenant de classe moyenne du point de vue des diplômes, mais en deçà de la classe ouvrière du point de vue des revenus. Au-delà de la valeur des diplômes, le déclassement est aussi intergénérationnel, avec une multiplication attendue des trajectoires sociales descendantes par rapport aux parents.

Il est aussi systémique, puisque, avec la chute des nouvelles générations, ce sont leurs droits sociaux futurs qui sont remis en cause : leur développement humain aujourd'hui, leur capacité à élever leurs enfants demain, et leurs retraites après-demain. Il s'agit donc de la régression du système social dans son entier, et pas simplement celui d'individus. Par-dessus tout, une frustration générale envahit les esprits devant l'accumulation des promesses non tenues : celle du retour au plein-emploi grâce au départ à la retraite des premiers-nés du baby-boom (rapport Teulade de 1999), de meilleurs emplois par la croissance scolaire, dans un contexte où le travail seul ne permet plus de se loger. Il s'ensuit une colère, voire une haine, qui se détecte clairement dans la jeunesse de 2010 et que le mouvement sur les retraites a paradoxalement canalisée.

Il reste que la symptomatologie n'est pas un diagnostic. Celui-ci relève du refus collectif de regarder lucidement notre long terme, et du caractère profondément conservateur, rentier, de la société française dans son entier. Le comportement patrimonial des possédants français accumulant de l'assurance-vie et des logements vides, tout comme leurs grands-parents serraient leurs lingots, relève de la même frilosité.

A droite comme à gauche, l'enjeu est de servir les droits acquis plutôt que de développer ceux de demain. Depuis plus de dix ans, la première information sur les sites Internet des grandes centrales syndicales relève de la retraite, et celui des banques vante les placements à bons taux et sans risques auprès de leurs clients. Notre économie est un capitalisme d'héritiers de énième génération où les nouvelles fortunes peinent à faire leur place, et notre Etat-providence nourrit les jeunes pauvres au travers des retraites de leurs ascendants.

La réforme des retraites aurait pu être un moment propice à l'analyse des années 2030, mais la confrontation, nécessaire, ne fut que celle des postures convenues de notre régime : la droite gouvernementale protège les retraités d'aujourd'hui, son coeur électoral, et sacrifie ceux de demain ; les syndicats et la gauche exigent quant à eux de reporter la charge sur les jeunes actifs, ces grands absents des débats politiques.

Dans son texte sur "la révolution de l'âge" (Le Monde du 14 avril 2010), Martine Aubry ne mentionne les jeunes qu'au détour de deux phrases : pour être soutenus par les anciens, et pour avoir confiance en le système. Jusqu'où ? Faut-il s'étonner dès lors que notre Assemblée nationale, la plus vieillie au monde, fondée sur la quasi-absence des moins de 50 ans, professionnalisée autour de députés mâles sexagénaires réélus depuis plus de vingt ans, cumulant souvent un mandat et de généreuses retraites, réforme les pensions en conservant ses propres droits acquis et fait porter l'ajustement sur les députés de demain, absents des débats.

Il s'agit de comprendre que ce jeu est "idéal-typique" de notre pays, où les derniers retraités aisés du début du baby-boom décident de l'appauvrissement des générations nées trop tard, victimes muettes d'enjeux où leur absence est sciemment organisée. C'est là une racine de notre mal : le diagnostic de 2010 montre que les "nouvelles générations" nées après 1955, celles entrées dans le monde du travail après 1975 dans le contexte du plein chômage, ont été affectées de façon durable, voire définitive. Derrière ces premières cohortes de vétérans de la guerre économique, les suivantes ont accumulé des handicaps croissants qui forment des cicatrices durables sur le corps social.

Alors que faire ? Pour partie, le traitement est bien connu. L'enseignement est un enjeu vital. L'état de pauvreté de l'université "low cost" à la française effraie les collègues étrangers : nous signons là le choix du déclassement scientifique de notre pays. Mais cela ne suffira pas : à quoi bon former parfaitement des jeunes qui ne trouveront pas d'emploi ?

L'invention du travail quasi gratuit (les stages), massivement subventionné par les parents aisés, n'a pas suffi, et, après trente années d'incurie, il faut aussi réintégrer les anciens jeunes de 1985 qui avaient raté leur entrée dans la vie. Cette politique de retour au plein-emploi est la première priorité de la politique de génération dont nous avons besoin. Il faudra passer par le double tranchant de la fluidification du droit du travail et de l'obligation d'embauche faite aux employeurs. La crise du logement exige aussi un plan de long terme de constructions collectives et de qualité pour densifier le tissu urbain des espaces moyens entre centre et périphérie.

Rien ne se fera sans investissements massifs. Notre défi de la décennie 2010 est que nous abordons mal cette période, en concentrant les trois grands handicaps caractéristiques des blocages des périodes prérévolutionnaires, selon le sociologue Randall Collins : dette massive de consommation empêchant l'élaboration de politiques publiques ambitieuses d'investissement ; frustrations liées à l'accumulation de promesses intenables ; gouvernance du pays déstabilisée par des majorités de plus en plus difficiles à réunir, dans un contexte où plus aucune autorité n'est acceptée.

Ces investissements massifs nécessitent d'en dégager des moyens. On ne peut honorer sans retour les promesses d'une retraite précoce, longue et aisée comme celle des jeunes seniors des classes moyennes d'aujourd'hui, et ces besoins d'investissements d'avenir. Le projet d'abandon de l'impôt sur la fortune (ISF) et son remplacement par une taxation des revenus du patrimoine va dans le mauvais sens, dans une société française où le patrimoine immobilier dormant a vu tripler sa valeur en vingt ans.

Une meilleure taxation des résidences secondaires dans le tissu urbain est de nature à rapporter des ressources considérables tout en fluidifiant de nouveau le marché de l'immobilier : combien de seniors ont leur épargne dans des logements vides à l'année, dans des zones à forte densité, alors que les jeunes familles s'entassent dans quelques pièces ? En réalité, le seul ajustement substantiel susceptible de changer le rapport à la rente consisterait à introduire, dans la déclaration du revenu imposable, la valeur locative, qui est bien un revenu implicite, de l'ensemble des biens immobiliers détenus par les ménages (hors remboursements en cours), en particulier celle de la résidence principale. Cela suppose une réévaluation rapide des valeurs locatives cadastrales, dont on sait les dérives séculaires.

Les seniors de 2010, qui sont propriétaires sans remboursement d'emprunt dans plus de 70 % des cas, ont été les grands bénéficiaires - par les plus-values longues, et donc non imposables - de la crise du logement payée au prix fort par les jeunes actifs. Les seniors urbains des classes moyennes supérieures n'ont jamais vécu aussi à l'aise dans des logements sous-occupés, le couple type de 60 ans vivant à deux dans un cinq-pièces, alors que les jeunes familles sont tenues de s'entasser dans de petites surfaces. La fluidification du marché immobilier qui en résultera permettra ainsi d'ajuster les ressources aux besoins.

Cette mesure est capable de desserrer l'étau du logement et d'activer là une véritable politique de solidarité entre les générations. Mais il faut se rappeler que les périodes de conscience où la société française redécouvre sa jeunesse sont systématiquement suivies de phases d'amnésie où elle oublie jusqu'à l'existence de ses propres enfants. Le patient préfère alors se droguer au déficit, et, dans ces phases, l'investissement dans la jeunesse est un voeu pieux. Parions donc qu'aucun candidat n'aura le courage de s'atteler à une telle politique de générations.
Louis Chauvel, sociologue, professeur à Sciences Po (Le grand débat)
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Posted on 13 January 2011 à 23h01

Parce que ça faisait longtemps que je n'avais pas posté un article parlant de sexe.   :gnehe:

Les jeunes Japonais se désintéressent du sexe
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Plus d'un tiers des jeunes Japonais de moins de 20 ans se disent peu intéressés, voire dégoûtés, par les relations sexuelles et un nombre croissant de couples ont des rapports très espacés ou y ont renoncé, révèle une étude du gouvernement nippon.

Quelque 36% des garçons et 58,5% des filles âgés de 16 à 19 ans prétendent «ne pas s'intéresser» ou «éprouver une aversion» pour les relations sexuelles, soit la proportion la plus élevée parmi toutes les tranches d'âge, indique l'enquête du ministère de la Santé menée en 2010 auprès de 2.693 personnes dont 1.540 ont accepté de répondre.

Le désintérêt marqué pour le sexe tend cependant à augmenter dans toutes les catégories, hormis chez les hommes de 30 à 34 ans qui ne sont que 5,8% à négliger la chose, contre 8,2% deux ans plus tôt.

Chez les filles, dans le meilleur cas (25 à 29 ans), près d'un tiers ne revendiquent aucun appétit sexuel. Par ailleurs, chez les couples, près de 41% reconnaissent ne pas avoir eu de rapports sexuels dans le mois précédent l'enquête.

Les personnes concernées justifient ce manque de relations intimes par le fait qu'après la naissance d'un enfant,«il n'y plus de raison» (20,9%), qu'ils n'ont plus de désir (21%), qu'ils sont fatigués à cause du travail (16,1%), ou encore parce qu'il y a des choses plus agréables à faire.

«L'absence de relations sexuelles et la baisse du nombre des naissances sont directement liés», a insisté le docteur Kunio Kitamura, médecin en chef du Planning familial japonais, qui se dit surpris par le peu d'enthousiasme sexuel de ses jeunes compatriotes.
(…)
Par contre, chez les vieux Japonais… Sur la photo, Shigeo Tokuda, acteur porno. (REUTERS)
'tain ! un mythe qui s'effondre. Le mokkori, tout ça, ce n'était que du vent ?   :sifflote:
J'adore le commentaire de tass_ : « Trop de tentacules, tue la tentacule... »  :mdr:
Posted on 14 January 2011 à 18h12

L'évolution peu enseignée aux Etats-Unis
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La majorité des profs de biologie américains n'enseigne pas la théorie de l'évolution, ou la présente à égalité avec le créationisme.

C'est ce qui ressort d'une enquête menée auprès d'un échantillon représentatif de 926 enseignants de biologie dans les écoles publiques, publiée dans Science. Conduite par Michael B. Berkman et Eric Plutzer du Department of Political Science de la Pennsylvania State University, elle croise des données sur les enseignants, sur les couleurs plus ou moins conservatrices des communautés locales et sur l'enseignement délivré.

Le bilan peut faire frémir, et explique pourquoi tant de responsables politiques - au plus haut niveau du parti Républicain par exemple - tiennent des discours qui les feraient passer pour des attardés intellectuels en Europe de l'Ouest.
Ainsi, d'après l'étude, dans les districts les plus conservateurs, près de «40% des enseignants de biologie n'acceptent pas l'évolution de l'homme». Sur le total, 13% enseignent explicitement le créationnisme ou sa version du "dessein intelligent" (intelligent design) durant au moins une heure de cours, en le présentant positivement. Et 5% de plus, s'ils ne le font pas de leur propre mouvement, répondront positivement à des questions d'écoliers leur demandant un avis sur le créationnisme. 

Alors que seulement 28% du total des enseignants suivent les directives officielles du National Research Council sur l'enseignement de l'évolution montrant que ce thème unifie les différents sujets abordés en biologie.

Tout le reste, c'est à dire une large majorité se contente prudemment d'enseigner qu'il y a "deux théories". Avec comme motif principal d'éviter un conflit ou une controverse dans la classe. Une position qu'ils expliquent souvent par leur incapacité à soutenir la défense de la théorie centrale de la biologie par défaut de formation.

Pour éviter d'avoir à affronter le problème, les enseignants suivent plusieurs stratégies. L'une d'elle consiste à ne parler de l'évolution qu'au niveau moléculaire et à ne jamais parler de celle des espèces. D'autres expliquent à leurs élèves que pour réussir les examens, il faut donner les bonnes réponses, donc évolutionnistes, mais... qu'ils ne sont pas obligés de penser qu'elles sont vraies. Dans le texte, cela donne un professeur du Michigan qui explique à ses élèves qu'il doit leur enseigner l'évolution car à l'université l'enseignement de la biologie est organisé «comme si la théorie de l'évolution était vraie». La position la plus hypocrite consistant à dire qu'il faut enseigner les deux théories et que les élèves doivent se faire leur propre idée...

La pression vient notamment des parents, puisque 29% des enseignants avouent être «nerveux» à l'idée d'une discussion avec eux sur le sujet.

Par ailleurs, lire ici une note sur une série de conférences publiques du créationniste turc Haroun Yahya en France.
« Regarde comme les notes de musique s'inscrivent harmonieusement au plafond à chaque fois que j'appuie sur l'interrupteur de la hotte aspirante !  »
« Allez, quoi ! Fais pas ta tsundere ! »

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Magistrats en colère : la chancellerie veut la liste des meneurs
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La manifestation des magistrats récalcitrants n’a pas encore commencé, mais la chancellerie prépare déjà les sanctions et réclame la liste des meneurs dans une note fort circonstanciée. La direction des services judiciaires a envoyé le 8 février un mot comminatoire à la hiérarchie judiciaire, tenue de faire le point deux fois par jour sur les grévistes, les néo-grévistes et les tire-au-flanc. (…)
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Le sexe dans tout ses états à Londres
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Le vénérable Natural History Museum de Londres se lance pour la première fois dans une exploration tous azimuts du sexe dans la nature, avec une exposition destinée «aux adultes et plus de 16 ans» où le bizarre le dispute au poétique. L’exposition dit tout et montre tout sur le sujet, avec des lapins et hérissons -empaillés- en pleine action, des pénis riquiqui (de la taille d’un cheveu chez la chauve-souris) ou impressionnant, comme chez le morse. L’humour est de la partie, avec une série de petits films baptisés «porno vert» où l’actrice Isabella Rossellini interprète les animaux les plus variés, escargot, canard ou araignée, en pleine stratégie de reproduction.

La sexualité humaine semblera bien simple, comparée au pénis détachable que l’argonaute (un mollusque) dépose chez sa femelle, ou à celui du bernacle, un crustacé qui peut déployer un pénis faisant 30 fois sa taille. Guy le gorille, véritable mascotte du Zoo de Londres pendant des années et à présent empaillé, occupe une place d’honneur dans l’exposition. Impressionnant, il entretenait un véritable harem et tenait à bonne distance ses rivaux tout en étant capable d’une grande gentillesse.
Les bonobos, capables de faire l’amour à tout moment, un bébé sur le dos, ou en train de manger un ananas, ne manqueront pas de fasciner. «Nous demandons aux visiteurs de laisser leurs préjugés au vestiaire», explique Tate Greenhalgh, commissaire de l’exposition. «L’exposition décrit la relation entre le sexe, l’évolution et les adaptations surprenantes que les animaux ont mis au point pour se reproduire avec le meilleur succès possible.»

Un petit oiseau au magnifique plumage bleu, le Mérion superbe, peut produire une dose record de 8 milliards de spermatozoïdes en une seule fois, espérant être l’heureux père des oisillons alors que la femelle a un comportement sexuel très libre, exacerbant la compétition. Quant au hérisson, il n’hésite pas à fermer le vagin de la femelle qu’il a fécondée avec une substance séminale qui durcit, repoussant ses éventuels rivaux. La poésie a sa place, avec un mur où le visiteur est invité à apposer ses propres mots, à quelques jours de la Saint-Valentin.
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« Je rends chaque jugement en tremblant »
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Il est juge d'application des peines. JAP dans le jargon. Il intervient une fois la condamnation prononcée pour décider d'éventuels aménagements de peine (bracelet électronique, mesure d'éloignement, etc). Il aime se définir comme «juge de quartier», loin d'une «supposée tour d'ivoire» et adepte du pragmatisme.

Furieux contre les récentes attaques de Nicolas Sarkozy envers les juges dans l'affaire Pornic, il ne tiendra pas les audiences ce jeudi (sauf urgences), en signe de protestation. A quelques heures d'une mobilisation des magistrats qui s'annonce historique, il prend le temps de nous raconter son quotidien.

«Ma journée type ? Euh, il n'y en a pas. Le lundi, je reçois les personnes qui viennent d'être condamnées mais qui sont laissées en liberté. Elles arrivent dans mon bureau avec leur vie, leur histoire parfois lourde et leur condamnation. En pratique, je n'ai qu'une dizaine de minutes à leur accorder, c'est très peu mais je n'ai pas le choix. Parfois, je ne parviens même pas à recevoir tout le monde, ça déborde sur le lendemain...

Le mardi en principe, je suis censé écrire les jugements. L'année dernière, j'en ai rédigé 400. Bien entendu, je n'ai pas de secrétaire. Je tape tout, tout seul. En parallèle, je fais le point sur les entretiens de la veille. Je contacte les travailleurs sociaux pour prendre des avis, je saisis les services de police pour vérifier une adresse... J'ordonne au besoin des expertises psychiatriques. Sans tarder parce qu'il faut compter trois mois en moyenne pour avoir un rapport, tellement les experts sont peu nombreux et débordés. Quand on parle du manque de moyens dans la justice, c'est aussi d'eux qu'on parle, toutes ces personnes qui gravitent autour de nous: les travailleurs sociaux qui ne comptent pas leurs heures. Les greffiers qui turbinent comme des dingues à défaut d'être en nombre suffisant...

« C'est la liberté des personnes qui est en jeu »


Arrive le mercredi. Je me retrouve avec des piles de dossiers (plus ou moins énormes) sur mon bureau. C'est l'ensemble des cas sur lesquels je vais devoir statuer en audience le lendemain. Entre le premier entretien et l'audience, il faut compter deux mois à peu près dans mon tribunal, ailleurs c'est parfois plus (la loi limite à quatre mois maxi).

En pratique, j'ai sur les bras une vingtaine de dossiers judiciaires à décortiquer en une demi-journée. Entre les condamnations, le casier judiciaire, les enquêtes faites par la police, l'enquête menée auprès des victimes...  certains font parfois 200 ou 300 pages. Comment voulez-vous que je fasse? On nous impose une logique de rendement, c'est pourtant la liberté des personnes qui est en jeu.

Jeudi. Les audiences ne sont pas publiques, elles se tiennent à huis clos. Contrairement à ce que voudrait faire croire Nicolas Sarkozy, ce ne sont pas des monstres qui arrivent en face de moi pour demander un aménagement de peine. Non, le plus souvent sont des personnes dans un état de détresse et de misère sociale. Je les écoute. Puis la décision est mise en délibéré. Je rends mon jugement une semaine ou deux après. Je ne leur annonce pas dans la salle du tribunal, mais dans mon bureau, seul à seul. Sans bouton d'alarme, ni service de sécurité prêt à intervenir en cas de problème. Ma plus grande crainte c'est que l'un d'eux se jette par la fenêtre.

Le bracelet électronique, par exemple...

On pourrait penser qu'une fois la décision rendue, j'ai fini mon travail. C'est tout le contraire. Là, les ennuis commencent. Cas typique : je décide de libérer un détenu à condition qu'il porte un bracelet électronique, avec des consignes strictes: il est autorisé à quitter le domicile uniquement pour se rendre au travail. Très bien. Sauf que quand la personne travaille chez Mc Do, avec des horaires qui changent d'une semaine à l'autre, cela devient vite infernal. A chaque fois, je suis obligé de faire une ordonnance modificative. Le truc à la con par excellence, je peux me retrouver avec des journées entières à faire que ça. Et je ne vous parle pas de tous les signalements que l'on reçoit dû à des défaillances techniques. Du genre, le bracelet qui se met à sonner alors que la personne est dans sa salle de bain.

Et puis, il y a les urgences. Certains jours ça n'arrête pas. Un exemple récent. Un homme, condamné quatre fois pour violences dont trois commises contre sa mère, âgée de 85 ans. Fin de sa peine, il est en sursis avec mise à l'épreuve. Sauf qu'aussitôt dehors, il fonce au domicile de sa vieille mère. Je suis alerté par un travailleur social. J'arrête tout, je téléphone dans la seconde à la police pour leur donner un mandat d'arrêt. S'ensuit entretien dans mon bureau et retour à la case prison. Voilà à quoi ressemble mon quotidien. Chaque décision est une prise de risque. C'est tout le temps sur le fil du rasoir. Croyez-moi, je rends chaque jugement en tremblant. En permanence, je me pose des questions. On ne peut jamais être sûr, il y a toujours un risque. Que Nicolas Sarkozy arrête de faire croire que l'on peut empêcher la récidive. Si on nous en donne les moyens, on peut la prévenir, oui. L'empêcher, non.»
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Jury populaire : un trompe-l’½il démocratique ?
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« La justice est rendue au nom du peuple français, désormais elle sera rendue aussi par le peuple français », a déclaré Nicolas Sarkozy dans son discours du 3 février. Et pour cela, d’ici à la fin de l’année, il y aura des jurés populaires qui siégeront auprès des magistrats professionnels dans les tribunaux correctionnels.
Un message récurrent du président de la République . Il en a été question lors de ses v½ux de fin d’année, et pour la première fois, si j’ai bonne mémoire, après le meurtre d’une joggeuse, près de Lille. C’était en septembre 2010.

Il s’agissait probablement d’une déclaration faite sous le coup de l’émotion, car, quelques mois auparavant, le députe UMP Jean-Paul Garraud (ancien magistrat), et plusieurs de ses collègues, avaient déposé une proposition de loi pilepoil en sens opposé : la suppression du jury populaire en cour d’assises, du moins en première instance. Pour lui, ce système (de double cour d’assises, qui date de 2000) s’avère « extrêmement lourd » et mobilise « beaucoup d’énergie, de temps et d’argent ».

Et il voulait ainsi corriger un phénomène qui va en s’amplifiant : la correctionnalisation des crimes (voir l’extrait du texte parlementaire en encadré).Il est vrai qu’aujourd’hui, un très grand nombre d’infractions criminelles sont « déqualifiées ». On appelle ça la correctionnalisation judiciaire. Ainsi, un vol à main armée se transforme en vol avec violence ou un viol devient une agression sexuelle. Et, au lieu de passer devant une cour d’assises, le… « présumé coupable » est jugé en correctionnel - donc, sans jury populaire. Gain de temps, gain d’argent. Je n’ai pas trouvé de statistiques sur ce sujet. C’est de la cuisine interne. Mais je ne crois pas me tromper beaucoup en disant que les ¾ des infractions criminelles sont ainsi passées au tamis.

Il faut dire que réunir un jury n’est pas une mince affaire. Les 9 jurés sont tirés au sort dans une urne qui contient 23 bulletins, lesquels proviennent d’un autre tirage au sort sur les listes électorales. L’accusé peut récuser 5 noms et le ministère public 4. Chaque juré doit ensuite prêter serment, notamment « d’examiner avec l’attention la plus scrupuleuse les charges qui sont retenues contre l’accusé (…) de n’écouter ni la haine ou la méchanceté, ni la crainte ou l’affection et de se rappeler que l’accusé est présumé innocent et que le doute doit lui profiter ». Et il est « réquisitionné » pour plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Les cours d’assises se réunissent environ 3 000 fois par an. Ce qui donne 29 000 jurés-citoyens. En réalité plus, car il y a les suppléants et les jugements en appel, où 12 jurés sont nécessaires.

Or, les tribunaux correctionnels prononcent environ 600 000 jugements par an. Faites les comptes…

Cela dit, il faut s’interroger. Le jury populaire est-il un plus pour la démocratie ?

Si l’on regarde dans la gamelle des autres, on voit qu’au Japon, le système a été rétabli en 2009 (supprimé en 1943) afin de « renforcer la démocratie ». Décision qui n’a pas fait l’unanimité, notamment en raison de la possibilité de prononcer la peine de mort.

Tandis qu’en Suisse, c’est le contraire. Le dernier jugement d’un jury populaire a été prononcé à Genève, en décembre dernier. Un Péruvien a été condamné à 16 ans de prison pour avoir tué une jeune clandestine et violé plusieurs femmes, ainsi que sa fille adoptive âgée de treize ans.

Aux États-unis, le jury populaire est nécessaire pour les affaires criminelles (sauf rares exceptions), et en Espagne, il est possible même pour certains délits, sur décision du juge d’instruction.

Il est donc difficile de se faire une opinion. En France, la tradition républicaine veut que le peuple se prononce pour juger les affaires criminelles. Mais il faut bien admettre que la réforme de l’an 2000 a remis en cause le verdict populaire en instituant la possibilité de faire appel d’une décision de cour d’assises. L’idée du député Jean-Paul Garraud n’était donc pas si bête : des magistrats professionnels en première instance et une décision populaire s’il y a appel.

Mais on ne peut à la fois supprimer les jurés pour les crimes et les créer pour les délits. Donc, c’est l’impasse. D’autant que 600 000 décisions de justice, ça fait quand même beaucoup de monde à mobiliser. Ce qui risque de siphonner sérieusement le budget de la Justice. Et même de représenter un coût pour les entreprises. Aussi, pour ne pas trop les pénaliser, et protéger le taux de croissance du pays, je propose de réserver cette mission aux chômeurs. Toutes catégories confondues et avec les DOM, il y a là un potentiel de 4,3 millions de personnes qui ne demandent qu’à se rendre utiles.

Soyons sérieux. Si l’on veut que la justice soit rendue « par le peuple français », avant de tout chambouler, il faut commencer par envoyer les individus accusés d’un crime devant une cour d’assises. Et ensuite, on pourra parler de jurys populaires au sein des tribunaux correctionnels.

Certains estiment qu’il faudrait réserver cette possibilité aux délits les plus graves. Mais dans ce cas, qui va décider ? Le procureur ? Impossible ! D’abord, ce n’est pas un magistrat indépendant du pouvoir exécutif, et surtout, il s’agirait d’une justice à la tête du client. Il faut donc modifier en conséquence le Code pénal ou le Code de procédure pénale, ou les deux, en précisant les délits qui doivent être jugés selon cette nouvelle norme.

Sauf que les infractions les plus graves sont le plus souvent criminelles.

On se mord la queue.

Cela dit, on ne peut être que sceptiques sur la valeur que nos dirigeants portent sur notre opinion. Rappelons-nous qu’en 2005, on a donné un avis négatif au référendum sur le traité pour une constitution européenne, et que trois ans plus tard, dans un bel ensemble, nos élus ont passé outre !
La NSA, la DGSE et la DCRI ne disent pas merci à l’Hadopi
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Aujourd’hui, pour traquer les candidats à l’action suicide, nos agents passent plus de temps derrière un écran d’ordinateur qu’à la sortie des mosquées.
Un expert de la DCRI, service de contre-espionnage français.
Or, et dans le même temps, le recours croissant des internautes à des outils et technologies de cryptographie et de protection de la vie privée, afin de se protéger de l’Hadopi, ou de la censure du Net comme c’était le cas en Tunisie notamment, embête très sérieusement les services de renseignement américains, mais également français.

L’ouverture du procès de cinq militants liés à une filière jihadiste franco-belge est l’occasion, pour Le Figaro d’expliquer, dans un article intitulé Internet, fil conducteur des dossiers islamistes, qu’”à l’heure des réseaux sociaux, la traque des terroristes se fait désormais plus sur Internet que sur le terrain” :
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Un magistrat antiterroriste l’assure: «Internet est devenu le fil conducteur des dossiers islamistes à Paris.» Le tribunal en instruit une cinquantaine. Sans compter les enquêtes préliminaires diligentées par le parquet.

À chaque fois ou presque, les terroristes présumés ont utilisé des moyens de communication informatiques pour endoctriner, recruter, échafauder des projets d’attentat.

«Aujourd’hui, dit un expert de la DCRI, service de contre-espionnage français, pour traquer les candidats à l’action suicide, nos agents passent plus de temps derrière un écran d’ordinateur qu’à la sortie des mosquées.»
Plutôt que de bloquer les sites, forums et autres réseaux sociaux où se nouent les contacts entre “frères“, les agents de la DCRI et de la DGSE qui les surveillent activement s’en servent pour se tenir informé, ou pour les infiltrer, quitte à créer de vrais-faux sites djihadistes de types pots de miel.

La France n’est pas au bout de ses peines
Pour échapper à cette cybersurveillance et aux grandes oreilles des services de renseignement (voir Frenchelon: la carte des stations espion du renseignement français), Le Figaro rapporte que les islamistes jugés à Paris ne s’envoyaient pas de courriels, mais qu’ils communiquaient via le dossier “brouillon” de leur messagerie internet.

Le recours aux logiciels de cryptographie, au réseau Tor, proxys anonymiseurs et autres outils et techniques de protection de l’anonymat pose “un vrai casse-tête aux autorités“
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Et la France n’est pas au bout de ses peines.
Car l’avènement d’Hadopi, gendarme des droits d’auteur sur Internet, a le don d’agacer l’allié américain. Les services de renseignements des États-Unis craignent que cette forme de répression massive, qui se veut préventive, ne développe chez les adeptes des films et musiques piratés un engouement pour les techniques d’anonymisation jusqu’alors réservées à quelques hackers ou à certains types de réseaux criminels ou terroristes.

Un cyberpolicier français en convient: «S’il est encore possible d’isoler en France une partie du flux d’informations codées pour tenter de le décrypter, l’opération deviendra nettement plus délicate quand le ruisseau sera devenu torrent à force de transporter les lourds fichiers vidéo de dizaines de milliers de pirates improvisés.»
L’internet est un très bon moyen de se cacher
En octobre dernier, Bernard Barbier, le “directeur technique” de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE), avait déjà expliqué Frenchelon: la DGSE est en “1ère division”) que si, lorsqu’il était arrivé dans la maison, en 1989, le recours à la cryptographie servait d’alerte, car seuls les diplomates, les militaires ou les services secrets chiffraient leurs communications, aujourd’hui, “tous les apprentis terroristes utilisent la crypto“, et l’internet leur permet de se cacher : “ils savent qu’ils peuvent être écoutés, et donc se cachent dans la masse des utilisateurs de l’internet” :
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“Nos cibles principales aujourd’hui n’utilisent plus le chiffrement gouvernemental ou militaire mais plutôt de la cryptographie grand public, car nous travaillons à 90% sur l’anti-terrorisme. Aujourd’hui, nos cibles sont les réseaux du grand public, parce qu’utilisés par les terroristes.”
En aparté, lors de la pause café, on avait ainsi appris que les services de renseignement américains avaient même “engueulé” leurs homologues français au sujet de l’Hadopi… suivant en cela les services de renseignement britanniques qui avaient déconseillé à leur gouvernement un tel mécanisme qui rendrait “difficile” la surveillance des internautes.

On sait aussi désormais que la Hadopi, en poussant les internautes à se protéger et à recourir à la cryptographie, embête aussi les services antiterroristes de la DGSE et de la DCRI.

Internet est une rue, la crypto la clef de nos logis
A toutes fins utiles, il serait bon de préciser que les centres commerciaux, arrière-salles de café, parcs publics et grands magasins sont également de très bon moyens, utilisés depuis longtemps par les espions, pour parvenir à se “cacher“.

Comme le rappelle le portail gouvernemental consacré à la sécurité informatique, l’internet est une rue peuplée d’inconnus, ou, comme l’écrivait Nicolas Voisin dans

Internet est une rue :
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Internet n’est pas bon ou mauvais, comme une rue n’est pas “bonne ou mauvaise”. Internet est ce que l’on y fait. Le web est riche des rencontres et découvertes que vous y ferez.
Il est donc normal d’y trouver des terroristes, des pédophiles, des nazis, mais aussi et surtout des gens qui, pour protéger leurs communications, leurs vies privées, le secret de leurs affaires, ont eux aussi recours à la cryptographie.

Ce pourquoi, d’ailleurs, securite-informatique propose d’ailleurs un module d’autoformation et d’introduction à la cryptologie, cette “science du secret“.

Un Etat surveillant, ou protecteur ?
Le problème, ce n’est pas la cryptographie, ni le besoin qu’ont les internautes de vouloir protéger leur vie privée, pas plus que celui des entreprises de protéger leurs salariés des risques d’espionnage industriel.

Le problème, c’est la Hadopi, et cette façon qu’ont les autorités de dépenser bien plus d’argent, de temps et d’énergie à vouloir nous surveiller plutôt qu’à nous aider à nous protéger (voir Internet : quand l’Etat ne nous protège pas).

Il a ainsi fallu 32 ans pour que la CNIL obtienne un budget de 13 millions d’euros. La Hadopi, elle, l’a obtenue en moins d’un an (voir la petite étude comparée que j’en ai tiré : Hadopi vs CNIL : l’une chante, l’autre pas).Alors que le gouvernement cherche à décapiter la CNIL, à lui couper les vivres, et alors que, 32 ans après son adoption au Parlement, 82% des organismes ne respectent pas la loi informatique et libertés, il serait pourtant bon de renverser les priorités.

PS : le “truc” du dossier brouillon, je l’avais déjà mentionné dans mon article Journalistes : protégez vos sources ! (voir aussi mon petit manuel de contre-espionnage informatique).
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À quoi rêve la jeunesse mondiale ?
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Comment se porte la jeunesse du monde ? Quelles sont ses valeurs, ses aspirations, ses peurs, ses identités ? Voit-on les choses de la même façon selon que l'on habite à Pékin ou Rabat ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles ont tenté de répondre les chercheurs de la Fondation pour l'innovation politique, un groupe de réflexion de tendance libérale dirigé par le politologue Dominique Reynié. Pour ce faire, l'institut TNS Opinion a interrogé 32 700 jeunes de 16 à 29 ans, originaires de vingt-cinq pays.(…)
La jeunesse française entre bonheur privé et peur de l'époque. 83 % des Français se disent satisfaits de leur vie, un chiffre supérieur à la moyenne européenne (78 %). En Europe, seuls les Polonais sont plus satisfaits (85 %). Dans le monde, seule la jeunesse israélienne (83 %) parvient au niveau de satisfaction de la jeunesse française. De même, les Français sont massivement satisfaits de leur temps libre (73 %), de leurs amis (79 %), de leur santé (83 %) ou de leur famille (85 %). Lorsque l'on demande aux Français ce qui correspond le plus, pour eux, à une vie satisfaisante, ce ne sont pas "gagner beaucoup d'argent" (14 %) ni "se sentir libre" (18 %) qui arrivent en tête, mais "fonder une famille" – 47 %, soit un chiffre très supérieur à la moyenne européenne et que ne dépassent ou n'égalent dans le monde que les Polonais, les Estoniens, les Russes ou les Marocains.

Le décor change brutalement lorsqu'il s'agit non plus d'évaluer sa propre situation mais celle du pays tout entier : 25 % seulement des jeunes Français estiment satisfaisante la situation de leur pays et 47 % se disent satisfaits de l'époque dans laquelle ils vivent, contre 55 % des Européens. En écho à cette dissociation entre inquiétude publique et bonheur privé, c'est la famille (à 88 %) qui supplante la nationalité (63 %) dans l'identité personnelle des jeunes Français.

A peine un Français sur deux (53 %) juge son avenir personnel prometteur, contre 61 % pour la jeunesse européenne. Seules les jeunesses grecque et japonaise (43 %), hongroise (49 %), italienne et espagnole (50 %) sont moins optimistes. Et lorsqu'on interroge les Français sur le fait de savoir si l'avenir de leur pays est prometteur, ils sont 75 % à répondre par la négative. On peut comparer les 17 % de Français qui pensent que l'avenir de leur pays est prometteur avec le chiffre des Chinois (82 %) ou des Indiens (83 %).(…)
Les jeunes Chinois champions de la mondialisation. La jeunesse du monde est optimiste, voire très optimiste, à l'égard de la mondialisation : 91 % des Chinois considèrent qu'elle est une opportunité, une opinion que partagent 81 % des Brésiliens, 71 % des Américains et 69 % des Espagnols. En revanche, un jeune Grec sur deux y voit une menace, de même que 47 % des Français. Les jeunesses marocaine et turque sont les seules des pays en développement qui restent partagées sur la question : 49 % y voient une opportunité.(…)
Les Chinois jugent aussi l'avenir de leur pays prometteur (82 %), loin devant les Américains (37 %) ; ils pensent (84 %) que leur pays va jouer un rôle plus important dans l'avenir. Les Chinois se disent certains d'avoir un bon travail dans l'avenir (85 %, contre 76 % pour les Américains) ; ils sont fiers des riches de leur pays (57 %, contre 31 % des Américains) ; interrogés sur ce qu'ils souhaitent le plus accomplir dans les quinze prochaines années, ils répondent vouloir "gagner beaucoup d'argent" (64 %, contre 53 % chez les Américains), acquérir une maison ou un appartement (63 %, contre 55 % pour les Américains) et créer une entreprise (40 %, contre 17 % chez les Américains).

En Europe, la menace du chômage n'empêche pas l'optimisme. Loin d'être déprimés par la menace du chômage, les jeunes se déclarent massivement (70 %) certains d'avoir un "bon travail" dans l'avenir. A l'exception notable des Japonais (32 %), la jeunesse des pays développés hors d'Europe se révèle presque aussi optimiste que celle des grands pays émergents. Les Européens sont moins confiants, notamment les Grecs ou les Français dont moins de la moitié (respectivement 43 % et 49 %) imagine pouvoir trouver un "bon travail". Le niveau de rémunération est le facteur le plus souvent cité par les jeunes dans la quasi-totalité des pays pour qualifier un bon travail.

La religion et le groupe ethnique peu présents dans l'identité des jeunes. Lorsque l'on demande aux jeunes de dire quelle dimension collective est importante pour leur identité, l'humanité (81 %) arrive devant la nationalité (70 %), le groupe ethnique (53 %) ou la religion (43 %), souvent réputés compter davantage.

La nationalité est plus importante pour les jeunes Israéliens (85 %) ou les jeunes Marocains (87 %) que pour les jeunes Européens (66 %), les jeunes Japonais (54 %) ou Français (63 %). Pour 75 % des jeunes Marocains, le groupe ethnique joue un rôle important dans leur identité, contre 45 % au sein de la jeunesse européenne et 61 % parmi la jeunesse turque. Il en va de même pour la religion (92 %, contre 35 % pour les Européens et 74 % pour les Turcs).

La place centrale de la famille. Partout, les relations familiales sont jugées précieuses. Au point le plus haut, 98 % des Indiens estiment qu'il est important de passer des moments avec sa famille, contre 79 % des Japonais, ce qui constitue le point le plus bas. L'importance des liens familiaux se retrouve dans la place que les jeunes accordent à la famille dans la construction de leur identité personnelle : 95 % des Indiens, contre 73 % des Japonais, lui reconnaissent à ce titre un rôle important.

Non seulement les jeunes accordent une grande importance à la famille en général, mais ils sont aussi satisfaits de leur propre famille : 85 % des Européens, 87 % des Américains et 90 % des Indiens interrogés le disent. La jeunesse japonaise, encore une fois, se distingue par un taux de satisfaction moins élevé (69 %). Toutes les jeunesses regardent la famille comme le fondement de la société : 94 % des Chinois, 89 % des Estoniens, 70 % des Français ou 65 % des Suédois.

Les Européens peu portés sur la religion. La religion compte dans l'identité personnelle de 92 % des Marocains, 74 % des Turcs et des Sud-Africains, 66 % des Indiens. A l'inverse, seuls 35 % des Européens, 30 % des Chinois et 28 % des Russes accordent de l'importance à la religion dans leur identité. En Europe, les plus attachés à la religion sont les Polonais (55 %) et les Roumains (57 %). Les moins attachés sont les Français (21 %) et les Suédois (26 %).

44 % des Européens estiment toutefois que l'on devrait accorder plus de place aux "valeurs spirituelles" dans la société. Par contraste, 89 % des Chinois partagent cette opinion, mais aussi 88 % des Russes, 84 % des Marocains, 81 % des Turcs, 80 % des Sud-Africains, 75 % des Indiens, 72 % des Mexicains, 71 % des Brésiliens et 56 % des Américains. Parmi les jeunesses d'Europe, les différences sont importantes. Ce sont les Français et les Allemands qui sont les moins nombreux à vouloir accorder plus de place aux valeurs spirituelles (31 %).(…)
Les jeunes des pays émergents ont confiance dans leurs gouvernements. Alors que 71 % des Chinois et des Indiens expriment leur confiance dans leur gouvernement, le scepticisme domine la jeunesse européenne, au sein de laquelle seuls les Suédois se disent majoritairement confiants dans leur gouvernement (51 %). Les Marocains et les Israéliens témoignent également d'un fort sentiment de confiance à l'égard de leur gouvernement (60 %). A l'autre extrémité, on trouve les Mexicains (14 %), les Français (17 %), les Espagnols et les Italiens (20 %). Les médias ne sont pas mieux lotis : 28 % des Européens leur font confiance.(…)
Malgré une forte défiance à l'égard des institutions et du personnel politique, les jeunes restent attachés à la procédure qui constitue le c½ur du système démocratique : 81 % des jeunes pensent que voter est un devoir. Ce score très élevé se retrouve partout dans le monde, l'Inde voyant sa jeunesse se placer en tête sur la question du devoir citoyen (94 %), suivie par les jeunesses turque (92 %) et mexicaine (90 %).

Partout, l'armée recueille la confiance d'au moins 40 % des jeunes, à l'exception des Japonais (36 %). Les Russes (41 %) et les Allemands (43 %) manifestent une confiance relativement faible à l'égard de leurs militaires. En revanche, elle fait un triomphe chez les Indiens (93 %), les Chinois (84 %) ou les Israéliens (80 %). En Europe, les Finlandais et les Britanniques (67 %) sont les jeunesses qui ont le plus confiance dans leur armée.

La pollution préoccupe plus en Chine qu'en Europe. Parmi "les plus grandes menaces pour la société ", la pollution est citée par seulement un tiers des jeunes Européens (et par 40 % des Français). Elle préoccupe bien plus les Brésiliens (45 %), les Indiens (46 %) et les Chinois (51 %). En Chine et en Inde, la jeunesse redoute davantage la pollution que "la pauvreté et la famine". Dans le reste du monde, ce sont les Canadiens (49 %) et les Australiens (39 %) qui manifestent la plus grande préoccupation pour l'environnement avec, à l'opposé, les Israéliens (24 %), les Japonais (22 %) et les Turcs (16 %).(…)
Les jeunesses des pays d'émigration sont les plus favorables au modèle multiculturel. Ce sont les Chinois qui se prononcent le plus massivement pour une société où les immigrés conserveraient leurs traditions et leur culture (85 %) : on trouve ensuite les Mexicains (75 %), les Brésiliens (75 %), les Polonais (71 %), les Indiens (68 %), les Sud-Africains (66 %) et les Marocains (63 %). A l'opposé, la plupart des jeunes Européens optent massivement pour l'"intégration" des immigrés, comme le montrent les réponses des Espagnols (68 %), des Allemands et des Français (67 %), ou des Britanniques (66 %).

Les opinions négatives envers les musulmans sont assez répandues au sein de la jeunesse. En Europe, les Espagnols (42 %), les Allemands (37 %), les Français (37 %), les Suédois (35 %) et les Britanniques (32 %) sont les jeunes exprimant le plus d'opinions négatives à l'égard des musulmans. Les niveaux les plus faibles d'opinions négatives se trouvent chez les Polonais (17 %) et les Roumains (14 %). Dans le monde, les plus défiants sont les jeunesses israélienne (37 %), australienne (32 %) et canadienne (29 %). Malgré le traumatisme du 11-Septembre, les jeunes Américains sont moins nombreux à faire part d'un sentiment négatif à l'égard des musulmans (24 %), de même que les Russes (19 %), en dépit des tensions dans la région du Caucase.

39 % des jeunes Français ne veulent pas payer les retraites de leurs aînés, soit un chiffre comparable à la moyenne européenne. Les Grecs sont les plus nombreux à exprimer ce refus (52 %), talonnés par les Japonais (50 %). En totale opposition avec les jeunes des pays riches, 83 % des Indiens, 77 % des Chinois, 76 % des Marocains et 73 % des Russes se disent prêts à payer pour les retraites de leurs aînés. De façon peu surprenante, les jeunes des pays anglo-saxons se révèlent les plus libéraux sur le plan économique. Appelés à choisir entre le moins d'impôts possible et le plus de protection sociale possible, 72 % des jeunes Américains optent pour la première solution de même que 62 % des Canadiens et 52 % des Australiens. 38 % des Français font le même choix.

Les jeunes Britanniques sont les plus romantiques. Le fait d'être amoureux est l'un des critères les plus souvent mentionnés par les jeunes pour définir une vie satisfaisante. C'est la jeunesse britannique qui accorde le plus d'importance au fait d'être amoureux (55 %), loin devant les Français (35 %), les Italiens (32 %) ou les Espagnols (29 %). Parmi la jeunesse mondiale, ce sont les Russes (11 %) et les Mexicains (12 %) qui y accordent le moins d'importance. A l'opposé, on trouve les Américains (46 %), les Sud-Africains (38 %), les Australiens (43 %), les Indiens (36 %) et les Israéliens (30 %).

Des jeunes pas si libérés sexuellement. Pour une fraction non négligeable de la jeunesse, les relations sexuelles hors mariage ne sont pas acceptables : 20 % des Européens les désapprouvent. En dehors de l'Europe, cette réprobation est plus forte parmi les Américains (40 %), les Sud-Africains (60 %), les Indiens (74 %) ou encore les Marocains (85 %). Les jeunesses les plus "permissives" se trouvant en Europe, où les Français (10 %) et les Estoniens (12 %) sont les moins nombreux à considérer que les relations sexuelles hors mariage ne devraient pas être autorisées.(…)
Les Espagnols (88 %), les Français (87 %), les Britanniques et les Allemands (85 %) sont les plus nombreux à dire n'avoir aucun problème avec les personnes ayant une orientation sexuelle différente de la leur. A l'inverse, les plus nombreux à exprimer une gêne sont les Marocains (40 %), les Israéliens (38 %), les Turcs (37 %) et les Chinois (30 %).

L'égalité entre les sexes devient quant à elle une valeur de plus en plus consensuelle. Les jeunes Occidentaux font de l'égalité hommes-femmes l'une des caractéristiques de leur société idéale (94 % des Américains et des Français, 93 % des Canadiens et des Espagnols, 91 % des Allemands, des Finlandais, des Australiens et des Britanniques). La jeunesse marocaine est la plus rétive à l'idée de l'égalité des sexes, 50 % des Marocains ne retenant pas ce critère pour définir leur société idéale, de même, mais dans une moindre mesure, que les jeunesses japonaise (30 %), israélienne (24 %) et turque (20 %).

Les jeunes se préoccupent plus d'être beaux ou belles que leurs aînés. 83 % des 16-29 ans accordent de l'importance au fait d'être beau ou belle, contre 77 % des 30-50 ans. L'importance accordée à la beauté est plus prononcée chez les femmes (85 %) que chez les hommes (80 %). De même, les jeunes se préoccupent davantage de suivre la mode (49 % des 16-29 ans, contre 42 % des 30-50 ans). La jeunesse d'Europe de l'Est apparaît plus concernée par ces préoccupations. La jeunesse indienne affiche un intérêt spectaculaire pour ces sujets : 94 % disent qu'il est important d'être beau et 80 % qu'il est important de suivre la mode.

40 % des jeunes Chinois déclarent que pour avoir une vie satisfaisante il faut se sentir libre. C'est le chiffre le plus élevé parmi les jeunesses du monde. En effet, seuls 22 % des Européens et 18 % des Français partagent cet avis.



Gagner beaucoup d'argent est l'une des trois priorités dans les quinze années à venir pour 64 % des Chinois. Cet avis est partagé par 60 % des Indiens mais seulement par 33 % des Hongrois et 28 % des Marocains. Les jeunes Français se situent au niveau de la moyenne européenne (48 % des Français et 47 % des Européens).

Les jeunes Européens sont massivement opposés à l'idée de mourir à la guerre pour défendre leur pays (59 %). C'est particulièrement le cas des Espagnols (75 %), des Italiens (72 %) et des Allemands (65 %). Le refus des jeunes Français se situe au niveau de la moyenne européenne (59 %). Les jeunesses qui accepteraient le plus ce sacrifice sont les Indiens (76 %), les Turcs (71 %) et les Chinois (71 %).

71 % des jeunes Indiens et 58 % des Israéliens déclarent qu'il est acceptable de désobéir pour combattre l'injustice dans la société. 47 % des Chinois disent être d'accord avec cette idée, proche de la moyenne mondiale (49 %). 57 % des Français pensent qu'il est acceptable de désobéir pour combattre l'injustice. Enfin, 55 % des Marocains se disent également disposés à désobéir à la loi.

La jeunesse turque ne croit plus en l'Europe. 62 % n'ont pas confiance dans l'Union européenne.

La célébrité ne fait rêver que la jeunesse indienne. 27 % des Indiens souhaitent devenir célèbres dans les quinze ans à venir, contre seulement 6 % des jeunes en moyenne.
Plein de super tableaux en allant sur le page de l'article, trop la flemme de les mettre après la prise de tête du respect de la mise en page de l'article précédent.
« Last Edit 11 February 2011 à 16h40 »
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« La sanction renforce les identités viriles »
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Éducation. Sylvie Ayral, chercheure, a analysé 6 000 punitions infligées à des collégiens. Résultat : plus de 80% concernent des garçons, qui s’en enorgueillissent :

Plus de 80% des élèves punis au collège sont des garçons. Pourquoi ? Par quel processus ? Avec quels effets ? Sylvie Ayral a été institutrice pendant quinze ans en milieu rural, elle est aujourd’hui professeur d’espagnol dans un collège et docteur en sciences de l’éducation. Elle a enquêté dans cinq collèges de Gironde aux profils variés : rural, ZEP, périurbain plutôt favorisé, défavorisé du centre-ville avec de nombreux élèves issus de l’immigration et, enfin, un établissement privé à fort taux de réussite scolaire. Elle y a épluché les registres et plus de 5 842 sanctions pour arriver à ces chiffres édifiants : 83% des punitions pour indiscipline sont le fait de garçons, et 91% quand il s’agit d’atteinte aux biens et aux personnes. Plus la transgression est grave, plus les garçons sont représentés. Dans un livre percutant, intitulé la Fabrique des garçons (1), Sylvie Ayral montre comment, loin d’atteindre leurs objectifs, les punitions sont contre-productives. Et renforcent les identités de genre et la domination masculine.

Les garçons sont les plus punis ; comment les enseignants l’expliquent-ils ? La faute aux hormones ?
J’ai beaucoup entendu cela : «C’est les gènes, les hormones.» Beaucoup invoquent la nature : c’est «comme ça». On parle d’instinct masculin. On dit que les garçons sont plus agressifs que les filles. Ces réponses, très nombreuses, sont savoureuses. Pour les enseignants, il y a deux catégories : les garçons bourrés de testostérone, et les filles supposées être plus calmes. On n’invoque pas seulement la biologie. J’ai aussi entendu des explications qui relèvent de la psychologie et de la psychanalyse. L’autorité est considérée par nature comme masculine. L’institution scolaire va alors se substituer au père absent et remettre le garçon dans le droit chemin, grâce à la punition. La fonction maternelle est toujours dévalorisée, et les familles monoparentales, pathologisées. On pense qu’un vrai garçon doit se frotter à l’autre et chercher la transgression.

Et les filles ?
Elles ne sont pas punies pour les mêmes raisons que les garçons : c’est davantage pour des bavardages, un cahier oublié, l’usage du portable ou de l’iPod en cours. On n’est pas dans les mêmes registres. J’entends dire que les filles sont de plus en plus violentes ; de ce que j’ai vu, c’est faux. Sur 6 000 sanctions, seules six concernent des violences commises par des filles. En fait, on ferme souvent les yeux sur la violence des garçons : quand on traverse la cour d’un collège, on trouve normal les attroupements de garçons, un coup de pied par ci, un coup-de-poing par là, c’est presque rassurant. Alors que la violence des filles, elle, paraît aberrante. Elle ne correspond pas aux attentes et est donc immédiatement repérée.

Que disent-elles du comportement des garçons ?
Les filles déclarent franchement qu’elles préfèrent les garçons qui sont sanctionnés : ce sont les rebelles, les durs, ils sont virils. Elles disent que les autres les ennuient : ce sont les intellos, les bouffons, ils sont trop sages. Les filles aiment bien les garçons qui sont étiquetés comme dominants. C’est bien d’être regardée par un garçon dominant. Les filles composent un public, et ainsi encouragent les garçons.

La sanction serait donc «une médaille de virilité» ?
Elle permet un passage symbolique, l’entrée dans le groupe des garçons dominants. Il y a un peu de souffrance : des admonestations du CPE [conseiller principal d’éducation, ndlr], des parents, mais cela fait partie du rite. Et finalement, c’est une consécration. Les garçons avouent d’ailleurs en tirer un immense plaisir, ils parlent «d’adrénaline», «d’excitation». Tout cela leur sert à se démarquer du féminin, et à l’intérieur du groupe des garçons, à se démarquer des «faibles». Cela leur sert à montrer qu’ils sont dominants et hétérosexuels. Ce rite leur permet d’être en conformité avec les normes ; d’être un «vrai» garçon. Il y a d’ailleurs des concours de celui qui aura le plus d’heures de colle. Quand un garçon se fait exclure du collège, le lendemain, il est devant l’établissement avec ses copains agglutinés tout autour de lui. Comme un héros. Comme un petit caïd auréolé de sa gloire. Tout cela grâce à la sanction.

Les sanctions sont demandées majoritairement par des femmes (à 74%). Pourquoi ?
Parce que les femmes sont des cibles privilégiées. Comme cette assistante d’éducation qui demande à un élève de ramasser un papier et qui se voit répondre : «Tu as tes règles ou quoi ?» L’élève la «rabaisse» à sa condition de femme. C’est lui qui a le dernier mot. Mais ces épisodes ne sont jamais analysés comme ça. Les femmes ne les voient pas comme un rapport social de sexe. Elles vont se dire «je suis nulle comme prof». Dans les rapports de sanction que j’ai examinés, pas une seule fois on ne parle de propos sexiste ou homophobe. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y en a pas. Seulement, ils ne sont pas repérés comme tels. Alors que les propos ou les agissements racistes, oui.

Comment se comportent les profs hommes ?
Les enseignants ont deux types d’attitude. S’ils ont la carrure physique, une grosse voix, des muscles, ils arrivent à imposer un respect parce que les élèves, spontanément, leur attribuent une autorité naturelle. Ces enseignants, quand ils ont un ou deux élèves qui les chahutent, interviennent tout de suite sur le plan de la virilité. Ils entretiennent le fantasme de la confrontation physique. Il suffit d’un regard parfois. Pour ceux qui ont un problème d’autorité, c’est indicible, c’est la honte. Comme s’ils étaient déclassés, des sous-hommes, des tapettes. Soit ils deviennent très sympas, pour éviter le conflit, soit ils rasent les murs et dépriment. Ils n’en parlent pas, alors qu’une femme qui a des difficultés s’épanche plus facilement en salle des profs.

Si les punitions sont contre-productives, faut-il arrêter d’en donner ?
Le problème, c’est qu’elles renforcent ce qu’elles prétendent combattre. Elles sont censées apprendre à l’élève qu’il y a une loi qui s’applique à tous, qu’il est un futur citoyen. En fait, la sanction disciplinaire telle qu’elle est pratiquée est aux antipodes de cela. Elle consacre et renforce les identités viriles. Au lieu de parler de tolérance zéro, on aurait tout intérêt à adoucir les choses. A se pencher sur les relations entre garçons et filles : faire des ateliers de parole, travailler sur une mixité active dès la maternelle, analyser comment les injures sont construites et former les enseignants pour cela. Sinon, cela continuera à pourrir le quotidien des classes et à reproduire une société dominée par les valeurs viriles.
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Très intéressant, merci Yeo !
Assieds toi près d'un vieux Chêne,
Et compare le à la race humaine,
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Méritent-ils les coups de Hache qui le saignent?


Un appendice ne sert pas forcément à rien. Chez moi, TOUS les appendices servent  :classe:

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Si on sanctionne ça empire, si on ne fait rien (souvent je suis désolé mais pour des choses comme ça, discuter revient à ne rien faire) ça continu.
Quoi faire donc ?
Faut se faire une raison, la société humaine est fondée sur les mêmes principes que celle des loups ou des rats, un mal dominant qui doit s'affirmer et des suiveurs soumis qui n'attendent qu'une chose, prendre la place du dominant. Depuis le début de l'humanité c'est pareil.
La solidarité, la compassion, l'empathie sont des sentiments qui sont très rares chez les rats et les loups (quoi que je ne soit pas expert en la matière, mais disons que c'est quand même plus fréquent chez l'homme) et qui montrent que l'humanité va dans le bon sens. Seulement ça va être long, très long...

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Je me doutais que ça en intéresserait certain-e-s ici, dont toi.  ;)
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D'autant plus marrant que le directeur, entre autres critiques, a encore réussi à m'en faire une jolie avant les vacances :

il m'a reproché d'avoir trop de charisme et que comme je suis cool, que j'ai une grosse voix et que je suis carré, j'obtiens des élèves ce que je veux. Au contraire de certaines collègues féminines, frêles et fraîches dans l'institution qui galèrent à se faire respecter...... (véridique !)

Il m'a demandé d'être un vieux con.


Bien sûr, tout ça n'a comme toujours pas grand sens, alors j'ai décidé de laisser filer...
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il m'a reproché d'avoir trop de charisme et que comme je suis cool, que j'ai une grosse voix et que je suis carré
Ca ferait une super base pour écrire le scénario du Placard 2  :mouais:

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 Kesennuma : entrer 38.891705,141.587838 dans Google Maps pour la localisation.

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Star Wars versus Jean-Paul Sartre
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Cofondateur de notre vaisseau-mère Libé, Jean-Paul Sartre mérite à ce titre — mais pas seulement — tout le respect d’Ecrans.fr, qu’il aurait sans doute surkiffé s’il n’était pas décédé en avril 1980. Après tout, la doctrine du Libé de sa confection, en 1973, n’était-elle pas « peuple, prends la parole et garde-la », soit la prévision lucide et diablement clairvoyante des commentaires et autres forums que nous modérons encore aujourd’hui avec amour en son nom ?

Cette parenthèse nostalgique n’avait d’autre intérêt que de vous présenter le dernier montage de OneMinuteGalactica utilisateur Youtube geek et drôle déjà connu de nos services : Existential Star Wars. Sa particularité : être sans doute très drôle pour n’importe quel fan de Star Wars et d’humour décalé pour peu qu’il ne soit pas francophone. En effet, le principe du montage est assez simple : OneMinuteGalactica a monté des séquences de la version française de Star Wars qu’il a par la suite sous-titré en anglais avec de véritables citations de Jean-Paul Sartre.

C’est ainsi que l’on peut découvrir R2D2 balancer une bilililip traduit par « la vie humaine commence de l’autre côté du désespoir », et surtout comprendre enfin ce qu’endurent les germanophones depuis deux ans avec les sympathiques vidéos Hitler Downfall, dont ils ne peuvent absolument pas profiter. Astuce : d’après divers commentaires, certains d’entre eux préfèrent couper le son pour se concentrer uniquement sur les images et sous-titres. Comme disait JP, « tous les moyens sont bons quand ils sont efficaces » :

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